Le principe de ce concours : terminer, en une vingtaine de lignes, une histoire dont le début est donné aux participants. Pour cette première édition (peut-être y en aura-t-il d'autres ?), le texte était le suivant, sur le thème du suspens :

Je me glisse dans mon sac de couchage, confortablement installée dans la paille. Le vent s'est levé et la vieille grange en bois qui me sert d'abri pour la nuit se met à grincer de tous côtés. Les sifflements du vent lui donnent un air sinistre. Mais la vision apaisante de Sultane et Joyeux me rassure : mes deux compagnons de randonnée mangent leur foin avec insouciance.
Je m'assoupi, préférant écouter les mâchoires de l'âne et de la jument, plutôt que les grincements du bois et le vent qui hurle...
Soudain un bruit sourd au dehors m'extirpe de ma léthargie. Il fait noir et j'entends à peine la respiration des équidés qui se reposent. Voilà maintenant que j'ai l'impression d'avoir entendu des pas. Mais la zone est déserte à 20 km à la ronde ! Un ermite ? un fantôme, plutôt...
Silencieusement je commence à angoisser, seule dans mon sac de couchage, seule dans cette grange délabrée, seule dans la tempête, seule dans cette région désertique.
Les pas se rapprochent, je les entends distinctement, maintenant.


Et voici celui de la gagnante : Dory.

Les hurlements du vent dans les arbres s’intensifient encore lorsque les pas s’arrêtent soudainement à l’entrée de la grange. J’entends Sultane et Joyeux s’agiter. Je n’ose pas sortir le nez de mon sac de couchage. Je commence à imaginer le pire : c’est un psychopathe qui cherche sa prochaine victime... on ne retrouvera jamais mon corps. Je décide alors de me faire discrète mais je ne peux toutefois pas rester emprisonnée dans mon duvet. J’ouvre doucement la fermeture éclair. J’ai l’impression que l’opération dure des heures alors qu’à peine quelques secondes se sont écoulées. Toujours sans un seul bruit, les sens en alerte, j’enfile mes chaussures, je me lève et me dirige vers Sultane avec son filet à la main... Il me suffira à présent de sauter sur son dos pour détaler au moindre signe de danger. Je sursaute quand un éclair fend le ciel et illumine quelques instants la grange. Tout est normal. J’entends alors à nouveau les pas, ils se déplacent près de la porte. Sultane pose son bout du nez contre moi : je la caresse autant pour la rassurer que pour me rassurer. Les pas se rapprochent à nouveau de la porte de la grange. Ma peur s’intensifie et se communique à mes deux compagnons. Une bourrasque plus intense que les précédentes fait trembler la grange, la suivante fait s’ouvrir la porte. Par réflexe, je me baisse derrière la porte du box de Sultane tandis que la jument s’est réfugiée tout au fond. J’attends quelques instants les sens aux aguets. Aucun bruit suspect ne révèle la présence de notre visiteur nocturne. Prenant mon courage à deux mains, je décide de jeter un coup d’œil. Lentement je me redresse. Lorsque mes yeux dépassent la porte, je ne distingue qu’un trou noir béant à l’emplacement de la porte de la grange. Un éclair choisit ce moment précis pour illuminer à nouveau le ciel et son intense éclat projette sur moi une immense ombre. Je peux alors voir l’auteur des bruits de pas qui me regarde droit dans les yeux. A ma grande surprise, c’est un lapin.

Et dans la foulée, voici le texte de Babouille, arrivée 2e.

Quelques minutes plus tard , les pas se font de plus en plus bruyant...
Je frissonne à l'idée qu'il y a quelque chose dehors , qui s'approche
de moi et alors , je me rends compte que je n'ai absolument rien pour me
protéger en cas de danger. Et si c'était un fou , voulant à tout prix sacrifier
un pauvre innocent? ou bien serais-ce une bête féroce prête à me croquer
tel un tigre dévorant sa proie ?... Ces idées me font frissonner de plus belle.
Pendant que je pensais à toute ces horribles choses , j'entendis
la vieille porte grincée , et je vis une ombre apparaître...
Je la voyais à peine , puisqu'il faisait très noir dehors ,
mais la créature sembla très grande , peut-être était-ce seulement
mon imagination ? je l'espérais de tout mon coeur...
L'ombre se fit de plus en plus petite , la chose s'approcha encore plus
près de moi , je ne pus m'empêcher de pousser un cri...
Dans une fraction de seconde , je sentis quelque chose
m'effleurer et c'est alors que je m'évanouis sur le plancher
humide de la vieille grange...